Vendredi 10 août 2012 : Tour du Ruan J4 => Retour à la maison, via la Combe aux Puaires

Publié le par fof74

P1090320.resized14 h 54, refuge du Folly

 

La "maison" n'est plus très loin, le Marcelly, le Môle et la Pointe d'Andey sont dans ma ligne de mire. J'attends Stef qui vient me rejoindre pour qu'on fasse la dernière descente ensemble. La limonade framboise n'est pas mal mais ça ne vaut pas le jus de myrtilles du Grenairon !

 

Quelle journée encore ! La soirée d'hier fut bien sympathique, rompre la solitude le temps d'une soirée ne fut pas désagréable ! La nuit, quant à elle, ne fut pas aussi mauvaise qu'au Cheval Blanc mais bien moins bonne qu'à Emaney ! La condensation était telle que ça m'a goutté sur la tête toute la nuit et qu'il y avait une flaque dans un coin de la tente...

 

P1090287.resized 6 h 00 mon heure habituelle, j'émerge sans avoir grande envie de me lever. La Dent du Signal prend les premiers raysons du soleil mais la tente, c'est pas pour maintenant. Donc à 8 h 15 je pars après avoir salué mes congénères qui m'ont avoué la veille au soir avoir des sacs de 25 kg... Les malades !

 

P1090288.resizedJe pars donc ce matin pour le passage des Ottans, non, LE passage de Ottans. Le cirque du même nom est tout de pierrailles et de névés mais le sentier intelligemment creusé évite la neige autant que faire se peut. Le sac me parait incroyablement léger ce matin !

P1090289.resizedJe m'aperçois que j'ai 3 poursuivantes que je veux laisser derrière moi ! On distingue maintenant le fameux "couloir" de câbles et d'échelles. Au pied le soleil est là. Bon, à première vue ça n'a pas l'air si horrible. Une fois dedans il faut retrouver l'équilibre et les sensations données par la verticalité. Câbles pour les mains, rochers pour les pieds ça se passe bien. Ensuite y a de grandes marches "vides" genre via ferratta, des pas de géants en plus, tout à coup je ne suis plus si bien ! Les 3 filles elles aussi n'excellent pas dans cet exercice, et on s'encourage mutuellement. Puis vient une échelle (pas raide), et ça va nettement mieux. La transition avec la suivante, beaucoup plus raide, est plus houleuse ! Cette échelle est vraiment raide ! Je souffle bien fort et me concentre sur chacun de mes pas. Puis, oh, non, faut traverser en haut de l'échelle sur une barre. A mes exclamations, les 3 filles qui me suivent n'ont pas l'air enchanté ! Elles n'aiment pas les traversées non plus !

P1090292.resizedJe gère la traversée, puis ensuite c'est presque fini, il ne reste plus qu'à franchir une sorte de boite aux lettres. Oups, mon sac ne passe pas avec les piquets de la tente et mes batons de l'autre côté. J'ai beau tenter de passer en force, le sac, lui, ne passe pas et frotte beaucoup trop sur les rochers . Les filles m'ont rejointe et je voudrais donc continuer au plus vite. Elles m'aident un peu. Je descends donc... dans le trou me fait aussi petite qu'une souris et finis par déboucher sur la crête, sous la Tête des Ottans ! Victoire !

On se retrouve à 4 nenettes ravies d'avoir vaincu le fameux passage des Ottans. Moi, du coup, sereine, heureuse, et fière ! Mon tour du Ruan, je vais le finir, le boucler dans les temps, je suis super contente !

Heureuse aussi d'être ici, au bout du bout du fond de la vallée du Giffre, c'est un peu pour cela que j'ai fait ce tour, découvrir ces sites mystérieux du haut Giffre, les lieux de la disparition de Balmat, toutes ces légendes qui circulent et qui hantent ces décors surprenants. Le Tenneverge n'est pas loin, on est un peu au dessus de tout, les bouquetins se reposent dans ces paysages lunaires, ouah !  P1090295.resized

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Pas de pause je continue mon chemin sur la crête des Ottans en direction du col de Sageroux. halte en solitaire face aux rois minéraux de cette curieuse chaine qui domine le glacier du Prazon (enfin ce qu'il en reste). Le Mont Blanc a fait son apparition, comme pour nous rappeler sa domination.

 

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Il y a quelques personnes qui montent, mais globalement c'est très calme.

Je pense à mes trois compères de la veille, qui ne devraient plus être loin des Ottans, où en sont-ils ? Ont-ils pu passer avec leurs sacs énormes ? Je pense qu'ils sont montés sans sac et qu'ils les ont fait monter avec leur corde. J'espère qu'ils auront pu passer...

 

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P1090304.resizedMoi, je file, traversant sous le Mont Sageroux à vive allure. C'est plat, il reste encore de la distance, je ne dois pas trainer. J'aime beaucoup cet endroit, pour qui cherche du "sauvage" pas de doute, c'est ici qu'il faut venir !

Tête de Pérua, la pente va s'accentuer. Le refuge de la Vogealle est à mes pieds, allez, ne flanchons pas !

Le sentier est si raide que l'alti est perdu, je dois descendre à plus de 1000 m/h ! Ce bout de descente me tue un peu les jambes et les pieds mais je garde un moral d'acier.

 

P1090305.resizedAtmosphère "pelouse alpine" désormais. Avec plein d'endroits de bivouac sympa avec vue 3 étoiles sur le Tenneverge.

Je quitte le sentier de la Vogealle pour me diriger vers le lac du même nom. Je quitte définitivement le Tour du Ruan officiel pour celui des Dents Blanches. Je voulais connaitre la combe aux Puaires !

J'arrive vite fait au lac de la Vogealle, il est 11 h 15. C'est pas l'idée du siècle de m'arrêter maintenant, même si dans 15 minutes c'est mon heure officielle de pause !!!P1090309.resized

Je longe le lac, bof, moins beau que je ne le pensais, par contre la vue sur la face sud des Dents Blanches est superbe ! Elles se détachent vraiment dans le ciel bleu !

 

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Je commence la montée au col de la Combe aux Puaires. 300 mètres, il n'y a que 300 m à monter, la dernière grimpette de mon tour.

Je reprends mon rythme de croisière. Il fait chaud.

Montée, montée, montée et enfin, le col... le premier col en fait, parce que y a une cuvette par là.

Ce coup ci c'est la pause !!!! La dernière à profiter du calme des montagnes. Parce que pour être calme, c'est calme, pas un chat à l'horizon, seuls quelques moutons que j'entends bêler au loin... J'ai semé mes 3 poursuivantes de ce matin, je ne les reverrai plus. Quant aux trois d'hier, je pense qu'ils passeront la combe aux Puaires demain !

 

P1090317.resizedAndey, le Môle et le Marcelly sont désormais les sommets visibles. Ca sent la civilisation tout ça, avec la vallée de l'Arve qui s'étire de tout son long en contrebas.

Avant tout ça, descendre la combe aux Puaires. Ben, je serai pas déçue ! Je voulais passer là, c'est fait ,c'est beau magnifique même mais qu'est-ce que c'est long pour atteindre le refuge du Folly ! En fait c'est à ski que je me dis que c'est quand un joli terrain de jeu ;-) Ce printemps, ah oui je veux aussi venir découvrir les longues bavantes du Haut Giffre (surrtout quand faut déjà pporter sur 600 m de déniv' )!

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P1090319.resizedDonc, oui cette descente est looooooooooooooongue, interminable même et je suis bien contente de voir arriver le refuge ! Contente, fière et un peu triste aussi. Ces belles aventures en solitaire, qui me font parfois souffrir, mais m'apportent beaucoup aussi sont toujours un peu difficiles à quitter. On passe d'un coup d'un seul à 4 jours à en baver, seul contre et avec soi et zou, c'est voiture, maison, civilisation...

Il restera encore 700 m à descendre avec Stef pour atteindre le Pied du Crêt, puis rentrer, craquer un bon coup dans la voiture.... et penser à la prochaine escapade, les yeux sans doute encore un peu sur le magnifique coucher de soleil du Cheval Blanc !

Publié dans rando pédestre

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