Samedi 2 et Dimanche 3 juillet 2011 : Traversée S > N du Weissmies 4023 m

Publié le par fof74

le TOPO c'est ici link

 

Une course que Stef avait repérée.

Parce qu'elle offre un beau sommet à 4000, une voie de montée pas trop difficile mais pas monotone, une voie de descente en revanche plutôt aisée, et une fin de descente même pas à pied !

Alors on a eu non seulement tout ça, mais en plus un panorama somptueux tout le long sur tous les 4000 de Saas Fee, une lever de soleil complètement magique, la fierté de fouler devant tout le monde ce beau sommet, et finalement, même si c'est pas grand chose, bin en fait, c'était ma première course en tête !!!

 

 

07 02 weissmies 01Un départ à la cool samedi dans l'après midi, sous un ciel comme on en fait si peu, si bleu, et une chaleur modérée (ouf !).

Quasi personne au parking. Sont où les 130 personnes annoncées par le gardien, qui, plutôt mécontent que je lui annonce qu'on venait en hors sac, était à la limite de me dire qu'il était complet. Je t'en ficherais, moi des complets... Y a pas un pékin de garé !!!

 

07 02 weissmies 02On monte en papotant, avec un super rythme mais finalement sans se sentir pressés. Je profite de la montagne, des 4000 de Saas Fee qui apparaissent tous au fur et à mesure que l'on monte. Je ne cesse d'avoir els yeux rivés sur la face de la Lenzspitze, si impressionnante.

07 02 weissmies 04A Almagelleralp, on fait une petite pause où on se fait asperger par la fontaine qui nous eclabousse à cause du vent. Et là, c'est l'arête entre le Dom et la Täschhorn qui me fascine et que je n'arrive pas à quitter. Oui, un grand homme est un jour parti là bas...

 

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Nous, il faut bien le dire, malgré le soleil qui brille tant et tant, on se pèle un peu ! Alors on repart, toujours presque solitaires. Ce vallon est très sauvage, il y a des sources qui coulent de partout, les premiers glaciers plutôt débonaires sont devant nous. On quitte le fond du vallon pour grimper plus sérieusement. Le vent se fait sinon violent mais glacial. On s'attend à bientôt voir sortir le refuge de cette pente et enfin, l'Almageller Hütte est devant nous, bien plus proche que ce que nous pensions !

07 02 weissmies 05 refuge

07 02 weissmies 07 chaussures07 02 weissmies 08Il y a quelques personnes dehors, bien courageuses avec le temps qu'il fait. Et là surprise. Quand on rentre dans la salle hors sac, c'est une bonne centaine de pompes d'alpi qui sont rangées dans les casiers. Mais il y a don tout ça comme monde ce soir ici ? Stef qui revient de l'intérieur me dit que c'est blindé. Oh bah mince alors !!!

 

Du coup nous avons droit de faire chauffer le repas et de manger dans le sas d'entrée, ce qui n'est pas vraiment de tout repos, puisque c'est un vrai moulin ici. Ca rentre, ça sort, sans fermer la porte ou en la claquant... Ce qui est sur c'est que nous ne passons pas inaperçus !07 02 weissmies 06 refuge hiver

Le pire c'est qu'en allant dans le refuge d'hiver (notre dortoir !); lui aussi est archi plein mais surtout la cuisine du local hivernal est bien pluis acceuillante que noter salle à manger improvisée du soir... Flute !!!

20 h 40 extinction des feux, il ne reste que quelques heures à dormir, on sait que la nuit sera courte... Le réveil devrait sonner à 3 h 00 (une heure plus tôt que le petit déj' du refuge, on a envie d'éviter la cohue). Sauf que la nuit sera d'autant plus courte que les gens viendront se coucher tard... A croire que c'est une manie de déranger tout le monde dans un refuge... Rebelote avec l porte, de novueau ça entre, ça serot, ça discute, çamet les frontales en plein dasn al tronche, ça fouille dans les sacs, ça repapote, ça rigole, ça rerentre, puis ressort, bref, un tohu bohu jusqu'à 22 h 30. Je manque de ménerver...

 

Puis le sommeil vient, enfin.

 

Puis un bruit de porte. Déjà ???? Je pensais qu'on serait les premiers levés... Et bien non, il est 2 h 30 et un groupe sort déjà. Finalement on se lèvera avant juste 3 h, en tentant de faire le moins de bruit possible, et on sort dans la nuit froide. Froide, mais au moins apparemment sans ce vent gelé de la veille.

 

On voit les frontales de nos prédécesseurs, ouh là ils sont déjà loin !

 

Nous on monte à un super rythme, vite mais sans se fatiguer. Il fait toujours aussi nuit... J'ai hâte de voir le soleil se lever, je sens que cela va être magnifique sur le Mont Rose et Compagnie.

 

  Mais si tiens on est à moins de 10 minutes des frontales, qu'est-ce qu'il font ???

On rejoint un gros névé qui passe bien sans crampons. Et puis en fait on est déjà au col : le Zwichenbergpass, joli nom pour un col, tout droit sorti d'une histoire fantastique, le Col Entre les Montagnes...

Et là, en fait on double les groupe de trois partis une heure avant nous !

 

Pendant ce temps, la nuit est devenue moins sombre, on devine les arêtes et les crêtes, les glaciers des 4000 de Saas Fee, le ciel n'est plus de ce noir ébène et les étoiles ont quasi toutes diparu. L'heure bleue approche, inexorablement... Mais je me demande si on ne va pas rater l'embrasement du Mont Rose. En effet, on est passé de l'autre côté de la crête et, à l'est, cela commence à rougeoyer, à se lever. Vite vite, je ne veux pas rater ça !!! Donc faut se dépêcher !

On chausse les crampons pour remonter la grande pente de neige qui permet de mieux accéder à l'arête. Hop hop hop, on monte on monte, le soleil commence à peine à se lever. Une dernière pente raide, et vite, en plus le troupeau du refuge est en train d 'arriver, ils sont tous au col, un monde, dingue !

07 03 weissmies 01 lever soleil

 

07 03 weissmies 05 portengrat

07 03 weissmies 02 mont roseEt çà, pour moi, c'est mon spectacle qui arrive, je me dépêche d'aller sur les rochers, et de voir de l'autre côté. Juste à temps. Le rose apparait sur le Stralhorn, le Rimpfischhorn, l'Alhpubel, les pointes du Mnot Rose (qui porte bien son nom ce matin !), l'Allallinhorn, la Lenzspitze et sa face qui s'est complètement embrasée. Juste pile poil au bon moment, le moment magique. Deux minutes plus tard... c'était trop tard !

 

 

 

 

 

07 03 weissmies 03 rimpEt comme je suis arrivée en premier sur l'arête, en fait, je continue la première. Et là s'enchainent des gradins qui grimpouillent, des portions où il faut regarder au plus facile, quelques ressauts rocheux avec de grands pas mais jamais difficiles. Devant il faut ne pas aller trop vite dans les passages faciles alors que derrière c'est moins simple, tendre la corde, poser quelques protections - ça c'est un truc à apprendre parce que quand je suis en second, j'aime tellement pas les enlever que devant je me dis que moins j'en mets, mieux on se porte - tout ça parce que c'est facile, bien sur ! et en plus c'est pas expo non plus. Rha là là je l'aime cette course !

 

07 03 weissmies 04 lenzspitzeSi ce n'était le petit vent frais (plutôt froid même) tout serait absolument parfait. Et on monte et on monte, Stef me tient au courant de la dénivelée restant. 350 m, puis 200 m... Je me demande si je vais vraiment arriver là haut en tête, et devant toutes les autres cordées, ça serait une jolie récompense.

 

07 03 weissmies 07

07 03 weissmies 09 fin arête rocheuseC'est la fin de l'arête rocheuse. Il faut s'équiper pour mettre les crampons. C'est une07 03 weissmies 10 pause en pleine bise. Détestable. horrible. Et en plus derrière, ça y est le défilé approche. Je fais monter la pression, on se dépêche . Allez, faut filer maintenant. On profite de la pause crampons des autres pour repartir devant. Une belle arête de neige, facile, à 4000 m d'altitude. un petit bout de paradis. On touche le ciel. Une ultime bosse et 07 03 weissmies 13puis rien n'est plus haut dans l'immédiat. Le sommet. les premiers au sommet, c'est génial ! il n'est que 7 h 20 !!! Un peu d'émotion pour moi, oui oui, sincèrement.

 

Malheureusement le vent nous oblige a abréger la pause au sommet, en fait il n'y aura pas de pause au sommet. une photo, un regard et on file plus bas, il fait beaucoup trop froid. J'ai le visage qui congèle... En contrebas c'est l'univers complètement glaciaire de la voie normale. Les rimaye, les crevasses, quelques séracs, et le contraste avec les remontées mécaniques juste en dessous. Il y a de ce côté ci un monde pas croyable aussi. Sans doute pas moins de deux cent personnes sur cette montagne aujourd'hui mais nous deux seuls au sommet. Instant royal !

07 03 weissmies 14 sommet

Maintenant c'est droit en bas, et vite. 07 03 weissmies 15

On croise toutes les cordées,  ça déroule cette descente. On s'accorde une mini pause juste au dessus de la zone de séracs, ah le soleil donne enfin un peu et ouf il y a moins de vent là. Une pause à contempler.

 

07 03 weissmies 16Puis la zone de séracs. Ouais ouais, des séracs, je suis sure que c'est pas si terrible que ça avait dit Stef. Bin il a fait moins le malin quand il a vu dans quoi on s 'engageait !!! Ah oui c'est un bien beau passage, 07 03 weissmies 17 séracspassablement exposé ! Des gouffres  et des murs de glace, des trous juste en dessous de nos pieds, beauté si dangeureuse mais si fascinante. En plus, plus de vent, plus un souffle, rien que la chaleur du soleil dans cet endroit très impressionnant.

 

En bas, des cordées commencent seulement à grimper. Je ne voudrais pas avoir à passer cette zone et ses ponts de neige quand cette dernière a ramolli...

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Encore quelques jolies crevasses à passer sur le bas du glacier puis le chemin. Puis le sommet du télécabine, puis le sentier, plutôt pas déagréable, qui descend sur Weissmieshütte. Là c'est le Lagginhorn qui domine. Le sommet du Weissmies, désormais au soleil, accueille ses hordes d'alpinistes. Ah il est déjà loin  le sommet !

On descend moins rapidement qu'on est montés !!!

07 03 weissmies 21 gros plan sommet

07 03 weissmies 20 groas plan VN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

07 03 weissmies 22 descente stef trotti07 03 weissmies 23 descente fof trottiAu refuge du Weissmies, on manque de s'endormir, la fatigue se fait sentir là !

On espère juste qu'on pourra prendre les trottinettes spour descend les 900 derniers metres de dénivelée...

Et oui, à l'intermédiaire de Kreuzboden, on loue deux monstertrotti, pas évident au début, mais bien ludique en fin de compte (et surtout bien moins blessant pour les pieds !!!)

 

Et puis nous voilà en bas à Saas grund, la tête encore à 4000 m, même si elle n'y est pas restée longtemps, mais pleine de fatigue. Les belles images de lever de soleil et de l'arête entre ciel et terre dans les yeux. Une course avec rien que du plaisir, un réel bonheur.

 

07 03 weissmies 12 arête neige

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