Jeudi 12 juin 2013 : Clap de fin de saison de ski... au Mont Ruan

Publié le par fof74

J-4

-Au fait Chirvette, tu compterais pas faire une tour à peaux de phoque ce jeudi ?

 

J-3

-Si si, ça peut s'organiser, ça tombe bien il fait beau ce jeudi.

-J'irais bien vers Emosson mais en allant se perdre vers les contreforts de la Sallière, pas suivre le troupeau de la Terrasse ou du Cheval Blanc, tiens...

 

J-2

-Bonne idée Emosson, et si on allait au Ruan ? Départ 3 h 00 d'Emosson.

-Ah oui super ! Ca roule !

 

Je redescends sur Terre, le Ruan, heu ouais, mais c'est VRAIMENT paumé de chez paumé là bas. Pis, j'aime bien regarder le topo C2C avant et c'est marqué "Arête d'abord large puis plus étroite (corniches à droite). Dépôt de ski au niveau de la brèche (env.2900m). Continuer en crampons sur cette arête qui présente un passage très fin, attaque par un court ressaut raide (45°)"

 Bon, allez, destresse Fof, c'est pas ta première arête. Mais Duo et Chirvette, c'est des pros du ski de rando, et puis t'as vu les bambées qu'ils font ???

Comme une légère boule au bide en allant me coucher...

 

Je suis sur la route mais quelle cruche, je me rends compte que j'ai pas pris la bonne direction. Pauv' tarte, le Ruan on y va par la Suisse pas par Sixt, me voilà sur la route du Haut Giffre versant français.

Ah là là 3 h, mais je pourrais jamais y être.... La boulette. C'est bizare d'ailleurs qu'il fasse déjà si jour, je suis si en retard que ça ?? Ils vont m'attendre ou pas ? Bon, il doit bien être 7 h 00 maintenant pas sûre qu'on décide de partir.

Allez zou c'est parti quand même, mais oh là là la poisse, j'ai oublié mes peaux de phoque, mes crampons et mon piolet. Mais je suis vraiment plus que blonde parfois....

 

Réveil en sursaut, le radio réveil indique 5 h 45. Mais ça va pas la tête de te mettre dans des états pareils ma fille ???!! Un mauvais rêve c'est tout.

 

H-7

les affaires sont prêtes, reste plus qu'à manger, coucher les loulous et aller dormir à Emosson. Mais bizarre, le repas ne passe pas du tout.

Ca va pas être possible. Je vais être obligée de les appeler pour annuler, j'ai rien avalé de la journée, ni ce soir, je finirais bien la tête dans la cuvette et je devrais faire 1 h 30 de route, dormir 4 heures et faire une course à skis derrière ? Non, pas raisonnable, pas du tout raisonnable.

Et pourtant, une pause "commatage" sur le canapé et une histoire aux garçons plus tard, je suis bien sur la route, et la bonne pour de vrai, en route pour la dernière couse de ski de rando de la saison. Car je le sais, ce coup ci, c'est bien la dernière. Finir en beauté dans mon secteur fétiche.

 

H-4h 30 (mercredi soir 22 h 30)

Parking d'Emosson, le fourgon aménagé de mes acolytes est bel et bien là. Il fait nuit, je chope l'oreiller, le duvet, réveil branché à 2 h 30, je m'installe sur la banquette arrière de la voiture et après quelques anti nauséeux et le bide en vrac, je trouve le sommeil. Oui je le trouve, pas franchement mais ces quelques heures apportent le repos nécessaire.

Point de mauvais rêve cette nuit là. Ouf....

 

Jour J, Heure H

Voilà le réveil a sonné le petit déj est pas trop mal passé et c'est une vision extraterrestre que j'ai sous les yeux, mais dont je fais partie. Il fait nuit, on est au bout du monde (enfin au début du bout du monde) il est 3 h du matin, on est en pompes de ski sur nos vélos, sac sur le dos et skis sur le sac, et en plus on pédale frontales sur la tête dans les tunnels d'Emosson... Ah ah ah, je dis que je fais parfois des rêves débiles, mais ça arrive que la réalité dépasse encore mes rêves !!!

 

Trêve de plaisanterie, c'est pas évident de pédaler à la montée sur un vélo pas ajusté à ma taille (selle trop courte et pas du tout mais alors vraiment pas confrtable, je ferais pas 5 bornes de plus avec !), en louvoyant grâce à la frontale entre les pierres dégringolées des pentes au dessus...

 

P1100600Pour la suite, ce sont dP1100601es images et des impressions que je garde

- la longue marche sur les névés un peu chauds même à 3 h 30 du matin

- la recherche de l'itinéraire de descente pour atteindre le fond du lac

- la marche scabreuse mais bien gérée une fois le "passage" trouvé (Duo, pense à changer les piles de tes frontales !)P1100603

- le chaussage des skis, enfin alors qu'on est presque au bout du plat (tiens c'était pas si long que ça le plat...), le tout alors que la nuit commence doucement à s'évader

- la montée en tentant de garder le rythme de mes collègues (je ne dépasserai pas les 450 m/h aujourd'hui, et même il y aura des pointes basses à 350... attendez moiiiiiiiiiiiiii)

- la sensation de s'éloigner de plus en plus de toute forme de civilisation, oui cette combe des Fonds est une parfaite illustration de bout du monde

- les conversions régulières dans la première vraie penteP1100606

- la montée à pied de la gorge

- la Verte et ses confrères qui émergent en pleine lumière, ça me rappelle un autre magnifique lever de soleil

- l'arrivée sur fond de Tour Sallière (répète après moi Chirvette, SAL-LI-ERE !) au dessus de tout, du désert

- le soleil enfin qui nous atteint

- le pente raide remontée crampons piolet (pffffff j'en aiP1100607 marre moi de chausser déchausser.... ;-) )

- l'épuisante montée à pied sous le col du Ruan, Duo, tu as vraiment choisi la bonne option en remettant les skis...

- et l'arrivée sur l'arête du Ruan, il est 8 h 00 du matin.

 

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Silence, chuuuuuuuut, je contemple

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Et puis j'explose

 

P1100611

Ah mais c'est dingue, on voit tout le Haut Giffre comme jamais je ne l'avais vu

Ah Bellegarde, et puis les Avoudrues , c'est fou comme c'est beau, je le savais que ça serait beau comme ça !!! Ouah, j'adore, on est que nous trois, y a personne dans les environs, on ne voit pas une âme à l'horizon, c'est dément.

Et puis en bas, à deux pas en fait, le col des Ottans la descente sur la Vogealle, ah là là quels souvenirs !!

 

-On continue ou on s'arrête là ?

-On va jusqu'à la brèche, non ? Mais bon c'est vrai qu'à la base on comptait d'arrêter là.

 

P1100613P1100615C'est fou, j'ai tout de suite vachement moins mal au ventre, j'aurais presque faim (c'est sûr avec une barre de céréales et deu biscuits avalés en 24 h...)

Nous entamons la progression sur l'arête, c'est raide en dessous... Et puis la fameuse brèche, personne ne veut y aller, c'est parfait, ça me va super, c'est déjà magnifique ici et puis, ne gâchons pas davantage le ski qui risque d'être plus que mou.

 

Une des très belles images de cette saison de ski est là, sous mes yeux. Skis aux pieds, on dévale sur une moquette à poils ras la large arête du Ruan et les pentes qui plongent littéralement en dessous, toute la Haute Savoie en point de mire. Magique.

 

P1100616Il faut passer le passage raide. Tout de suite trop mou. Ouf, ça ne purge pas, j'avais peur qu'en dérapant ça laisse les rochers à nu en dessous.
Par contre là où ça purge c'est quelques mètres plus bas, P1100619Chirvette qui skie derrière moi fait partir une coulée de surface, trois fois rien, c'est impressionnant comme si peu de neige peut quand même déstabiliser.

On prend des distances, ça coule alors ensuite mieux vaut skier sur la neige lissée et presque tassée.

Et la gorge, hein, si ça a tapé comme ça, ça risque d'être mauvais. Non, c'est tout bon, elle est restée à l'abri du soleil.

Duo se fait P1100618plaisir, moi aussi même si décidément mes chaussures ne valent plus un clou, elles sont aussi molles que la neige (forcément en position montée, ça n'ai depas à les rigidifier !) !!!

Qelques grandes courbes sur les névés façon tôle ondulée dans a combe des Fonds puis un nouveau déchaussage (et oui, c'est pas fini !) et le début de la fin. Mais elle est très longue cette fin.

Et chaude surtout.

Agrémentée par un rafraichissant bain de pied pour traverser le torrent, mais si les pieds sont au frais, le reste commence à atteindre des températures parfaitement insupportables ! Surtout que je dois remonter à pied, les peaux ne collant plus du tout, détrempées qu'elles P1100620sont.

Merci Chirvette d'être restée avec moi sur la route au retour, j'ai cru que jamais ça se terminerait ! En retrouvant les vélos on fait un gros OUF ! et une grosse partie de rigolade dans le tunnel, les frontales sont dans le sac, et on ne voit rien du tout

-T'es là ,

-Oui juste devant oi

-Attends j'vois rien

-Si tu te cognes dans le mur c'est que t'es pas dans la bonne direction !

 

P1100622Et puis le parking, l'après course, un bon moment de détente avec bière et cidre frais, un vrai régal comme ces moments partagés.
il faudra bien partir, et dormir, piquer un roupillon sur le bord de la route, parce que mine de rien, là, je suis claquée. Heureuse, oui c'est sûr, mais définitivement claquée !!

Quelle belle, oui quelle belle fin pour cette non moins belle saison de ski.

 

Merci à tous ceux qui m'auront accompagnée durant ces six meilleurs mois de l'année ;-) Stef évidemment, Chris pour quelques beaux hold up, Bertrand et Agnès et aussi Alex pour j'ose le dire, ma plus belle sortie de la saison, et puis vous deux Duo et Chirvette dont j'admire les envolées et les trouvailles d'itinéraires. A vous tous merci !

Publié dans ski de rando

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ta p'tite manman 01/07/2013 13:55

bouh, c'était très beau et très émouvant ! Bravo ! et à la prochaine saison d'hiver !