Dimanche 7 juillet 2013 : Traversée du Charvin et un peu plus encore

Publié le par fof74

Je voulais du long (ah tiens c'est pas la première fois que je l'écrit ça, ça va finir par devenir une manie !).Et donc quand je ne sais pas où aller, mon meilleur ami est le moteur de recherche de Camptocamp.

Qui m'a sorti quelques itinéraires dont celui ci, qui était en plus déjà dans mes pensées.

Quelques hic cependant, car si le Charvin était le sommet incontournable, je me voyais plutôt terminer par lui, une sorte d'apothéose de la journée plutôt que de commencer par lui...

Quelques énièmes tergiversations plus tard je suis sur le parking de Sous l'Aiguille (de Manigod) en ayant zieuté la combe de Tardevant qui ne me dit rien qui vaille avec la neige encore présente. Les choses deviennent plus claires : le Charvin passe ne premier, et advienne que pourra pour la suite.

 

 

Charvin acte 1

 

P1100832.JPGP1100833Une première bonne montée sur la piste, je garde un bon petit rythme à 600 m/h qui me va comme un gant ; la piste s'arrête à l'Aulp du Fier d'en Haut pour devenir sentier plus à l'horizontale, sentier que je quitte rapidement pour la combe de montée au col des Porthets, presque entièrement enneigée. Quelle ambiance sous cette face NW du Charvin, une magnifique dalle rocheuse, on pourrait presque y grimper !

 

P1100834La montée continue, sous un beau soleil mais sans trop de chaleur, en traversée dans la neige puis sur le sentier raide du col des Porthets. Un première pause, tout va bien.

Une descente versant Marlens puis je récupère la voie normale du Charvin. Tout de suite c'est plus fréquenté comme secteur ! Je garde mon rythme, P1100836allez, à 11 h je suis au sommet. Ca grimpe sec et en jetant quelques coups d'oeil en bas, je comprends mieux pourquoi quand j'y étais montée à skis, dans une autre vie, je cherchais tant à cramponner avec les couteaux dans les touffes d'herbes qui P1100837dépassaient. Purée, à pied ça va le sentier est nickel, mais à skis, faut vraiment pas se la coller. Pareil sur l'arête avec le départ du sommet juste en face, heureusement que ce jour là le brouillard était roi, j'avais pas pu voir la pente (et heureusement que je savais pas sur quoi la neige reposait, c'est rien que des petites dalles et des goulets en pierrailles, un vrai bonheur...)

11 h pile poil sommet du Charvin, je m'arrête à peine, jetant juste un regard vers l'arête sud qui a l'air bien raide.

P1100841

 

 

Il faut rester concentrée, les choses sérieuses commencent. Enfin je ne sais même pas trop à quoi m'attendre en fait. L'arête du lP1100839ac, la Via ferrata pourrait-on dire  puisqu'il parait qu'il y a des câbles en place. Bon, admettons. Un trailer est parti comme une flèche devant, je ne le reverrai plus. Un autre gars part s'engageant aussi à la descente et je le suis. Je me sens moins seule. Quoiqu'il file plus vite que moi alors si en fin de compte je suis toute seule.
ouh là, faut reprendre contact avec le côté aérien de la chose ! Quelques pas en désescalade où le câble gêne en fait plus qu'autre chose, et puis je veux faire les choses de manière propre, avec mes mimines et sans le câble. Un névé, un bout de sentier, encore quelques pas sur les rochers, un bref regard vers le Mont Blanc qui se cache de plus en plus derrière les culmulus qui lèchent les pentes, des rochers, la vue versant Giettez, ouhouh y a du gaz ! Et puis le lac du Charvin en contrebas, de l'autre côté et toute cette neige encore ! P1100842

P1100843Je vois le type qui cherche un peu et qui fait des mouvements bizarres. Cinq minutes plus tard, je comprends mieux pourquoi : le sentier est devenu très raide, ce n'est plus un sentier mais de la terre érodée et plus qu'humide, ça suinte dessus, et ça glisse plutôt beaucoup. Et juste en dessous, un nouveau passage. Tendant vers le vertical, pas très long mais il va falloir désescalader. Ah oui, j'oubliais cette petite précision, il y a bien les queues de cochon mais plus de câble. Ah tiens il n'a pas dû être remis en place encore. Je patiente quelques minutes puis j'ai pas trop le choix à vrai dire il faut bien passer. Je vais devenir la reine de la désescalade si ça continue. Ca passe bien mais avec quelqu'un en dessous histoire de me récupérer au cas où, ça serait mieux. 

Allez, ça doit être presque fini.

P1100844Ah non, gloups, ce deuxième passage non équipé est encore plus scabreux que le précédent.  En traversée, avec les chaussures bien mouillées et glissantes, les mains trempées aussi à s'accrochers aux pierres ruisselantes, et sur des cailloux formant des sortes de strates, c'est encore moins sympa que le précédent passage. Une fois de l'autre côté, je souffle. Ouf ! Un névé bien raide m'attend, névé où je tente une ramasse beaucoup moins contrôlée que prévue, la prochaine fois je prendrai un piolet... Je stoppe ma glissade non voulue juste avant la terre et les cailloux, juste avant un gros scratch en somme... Ce coup ci, les difficultés sont bel et bien derrière moi.

 

Arêtes acte 2

 

P1100846P1100847Col du Charvin (je sais pas si ça s'appelle comme ça). Un coup d'oeil sur le passage du Pas de l'Ours lui non plus pas encore équipé.

Le temps qui se gâte, le Charvin est maintenant presque entièrement sous les cumulus qui remontaient des pentes.

Je pars alors seule sous la Goenne par le sentier bien marqué, j'espère qu'il le sera aussi bien après...

P1100848Sauf qu'en contournant le sommet par cette sente horizontale, on tombe soudainement sur la face nord, et l'endroit est plus que glauque. Déjà c'est désert, ensuite, c'est pierrier où les bêtes à cornes au dessus se plaisent à envoyer quelques cailloux. Un passage pourrri en descente (c'est bon je commence à maitriser...) et le sentier horizontal qui continue (enfin sentier est un bien grand mot, c'est vague trace dans un pierrier pourri et névés. Un col au dessus de quelques pentes herbeuses, ça doit être là que ça rejoint l'arête pour continuer.

Effectivement ces pentes sont raides et je dois m'accrocher aux herbes pour monter. J'hésite... Puis continue. La belette est une sacrée tête de mule !!! Arrivée sur l'arête plate et pleine de rhodo, ça change tout tout de suite. Le versant savoyard est P1100849P1100850bien raide. Arrivée à une brèche sous un sommet là je stoppe. J'ai besoin d'une pause. Manger, déjà, et puis réfléchir. Ca n'a pas l'air si terrible que ça mais en fait non, ça me plait pas. Ca passe versant savoie et ces gradins en caillasse branlante j'aime décidément pas du tout. Le temps a viré au gris, rien qui ne m'enchante. Le plaisir n'y est plus. Avec quelqu'un, oui, j'y serais allée, mais seule, là non. Courageuse mais pas téméraire, une fois encore !

J'ai donc buté sous le sommet de la Rouelle, pour quelqu'un qui voulait faire du long, je suis déçue. Je fais demi tour un peu dépitée. Contente d'avoir vaincu le Charvin mais c'est un gout amer qu'il me reste dnas la bouche. Surtout que maintenant je saute et virevolte sur les cailloux complètement à l'aise sur ce terrain.

P1100852Alors, comme je suis vraiment tétue, je rezieute ma carte pour trouver le bout de sente qui remonte sur l'arête entre la Rouelle et la Tête de l'Aulp et le trouve ! Peu importe la dénivelée dans les jambes, je veux finir ce que j'ai commencé, un point c'est tout. Alors je rejoins la crète (je vois de derrière le passage de la brèche, ça ne m'aurait pas plu !) puis j'enchaine par la tête de P1100857l'Aulp et la descente tranquille sur l'arête raide qui mène à Champ tardif. Le soleil revient, mais toujours pas de Charvin dans le rétro... Toujours superbe ce coin, avec cette flore "terre de bruyère" on se croirait dans les landes bretonnes ! J'aurais bien piqué un petit roupillon là haut. Mais il faut descendre, encore et toujours devoir s'arracher de là haut pour retrouver des contrées plus basses :-( Au total 1800 m dans les guiboles, l'endurance commence à devenir une réalité !P1100861

 

La prochaine fois, mais accompagnée, il faudrait finir la traversée par la Mandallaz, Tardevant, et l'Etale ; à garder dans les cartons !!

Publié dans rando pédestre

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