Dimanche 19 et Lundi 20 Mai 2013 : Le roman du Pigne d'Arolla 3796 m

Publié le par fof74

CHAPITRE 1 : Le choix de la course

 

Mais quelle météo de mmmmmmmmmmmmmm******

Et j'en peux plus de regarder tous ces sites de prévisions qui ne savent que prévoir du "variable". Pour certains c'est varaible, le soir, d'autres le matin, d'autres il fait beau et il pleut tout à la fois, d'autres encore prévoient du gros mauvais alors que chez le voisin d'en face pour un même lieu c'est "soleil voilé", en gros on ne sait plus du tout à quel saint météorologique se vouer. Plutôt la Vanoise ??? oui mais les routes sont-elles dégagées assez haut ? Ou l'Aiguille des Glaciers, mais alors là, pour aller aux Chapieux, c'est rapé ? Ou le Valais, et oui, une valeur sûre le Valais avec ses hauts sommets, ses refuges, normalement non gardés à cette période mais tout confort. Hum, le Valais, en fait pourquoi pas, ça semble pas être si pourri que ça. sauf que voilà, en voulant me renseigner auprès de sources sûres sur l'état du refuge des Vignettes (le Pigne d'Arolla pourrait être une sacrément bonne idée...) on me donne par la même occasion le nom d'un nouveau site de prévisions météos (comme si j'en avais déjà pas assez) et qui lui annonce.... du pas bon du tout pour le Lundi. Pfffffffffffff

Et puis flûte, zut, crotte de bique, l'adage de dit-il pas "qui écoute trop la météo reste au bistrot !" ? Ou dans son lit au chaud, c'est au choix. On a bien fait l'Autriche sous des conditions pas toujours clémentes, et bien tant pis, allons y c'est parti, demain on va à Arolla, nanmého.

 

 

CHAPITRE 2 : Faux départ

 

P1010930Si je me souviens bien, le départ pour la cabane des Vignettes n'est pas forcément ce qu'il y a de plus évident. Je me rappelle un départ de l'Hôtel Kurhaus où on avait bien galéré sans vraiment trouver de sentier... La difficulté est de sortir de la forêt, de traverser le torrent et de se retrouver sur la moraine.

Hotel Kurhaus, je ne me ferai plus avoir, je repère le départ du sentier. P1100472Et c'est sous un ciel bleu incroyable qu'on se retrouve, Christophe, Stef et moi, à entamer cette montée. Il est 11 h 30 / midi et on est heu-reux !!! Il fait meilleur que prévu, le paysage ici est toujours aussi beau, c'est super top méga cool. On arrive à une clairière à la vue magique sur le Mont Collon, c'est bon, on est sur le bon chemin, génial !

Par contre quelle chaleur. Ouah, on cuit littéralement. On débâche vite fait et on chausse parce qu'en fait, c'est tombé tellement de neige qu'on est encore mieux à skis. Ca cache un peu le sentier mais pas de soucis de ce côté là.

C'est encore mieux quand on arrive à un téléski, qu'on tombe sur une trace de montée, et qu'on voit que cette trace se poursuit plus haut sur la moraine, chic, quelqu'un a tracé, ça c'est notre jour de chance !

Parce qu'avec la chaleur inattendue et cette quantité de neige fraiche qui s'alourdit plus vite que son ombre ça risquait de ne pas être du gâteau !

La trace est raide sur cette piste de ski et on cuit comme des merguez sur un barbec' mais on monte pour la bonne cause !

Y a juste un truc qui me chiffonne..... c'est que la trace de ski de la moraine semble partir de plus bas. Ah, bon, ça doit redescendre un peu avant de traverser le torrent.

[ 5 minutes plus tard]

P1010934Ah, ça va faire vachement redescendre là, on est bien 100 m plus haut que la trace de la moraine et on commence à s'engouffrer au milieu d'une autre moraine qui semble s'étirer .... encore très loin.

 

"-Hé stop les gars, on n'est pas en train de se planter un peu là ?

-Ouais, ça doit pouvoir récupérer plus haut et traverser, non ?

La carte ne dit pas grand chose et à vrai dire ça parait bien plus plat que le relief que j'ai en face des yeux, donc bof, à vue de nez, oui ça doit traverser, mais dans combien de temps ???

-Et si on montait sur notre moraine et qu'on allait voir les pentes qui dominent le torrent à traverser, ça serait peut-être pas plus mal, non ???"

 

Allez on monte, ça nous réveillera de la torpeur dans laquelle le four où nous sommes nous a mis.

En haut de la moraine comment dire, heu, .... déjà si on veut continuer à monter pour traverser plus haut, c'est long encore avec quelques endroits non visibles dont le caractère franchissable semble aléatoire.

Si on descend par ces pentes, on n'a pas la garantie non plus que ça passe plus bas. Et si on faisait demi tour tout de suite, non ???? Non. Bon

On s'engage alors en position montée avec les peaux de phoque dans une pente plutôt raide - en descente bien sûr, avec 10 cm de neige collante et humide à souhait qui n'attend qu'une chose : glisser sur les grosses touffes d'herbes. Quand le ski ne se prend pas dans un caillou sous jacent, sinon c'est pas drôle... Ambiance ... carrément moins à la rigolade pour le coup.

En plus Chris se tord à moitié le genou après avoir glissé sur 20 mètres en amenant la neige avec lui (à moins que ce ne soit la neige qui ai glissé et ai emmené Chris avec elle). Bref, comme il est fragile du genou, c'est le pompom.

Dans la catégorie "ramassis de conneries en moins de 20 minutes" on a gagné la palme d'or.

En bas, ça pue. Moraine hyper raide, même pas dans nos rêves les plus fous on franchit ce truc. La solution : on remonte, on descend jusqu'au pont (car pont il y a .... 200 mètres plus bas) et on reprend tout à zéro.

Moi, j'opte pour le bourrinage en crampons piolet dans les touffes d'herbes, droit devant, Stef et Chris se la jouent moins raide mais plus loin.

Je m'épuise à remonter cette scrogneugneu de pente mais une fois en haut, je suis soulagée, reste plus qu'à skier et le tour est joué.

Skier est un bien grand mot, car la neige fraiche est lourde, elle ne sert qu'à cacher plein de vilains cailloux qui adorent le contact de nos semelles de ski et en plus c'est jour blanc, on voit que dalle (et ça nous emêpche pas de cramer, même avec la crème solaire j'ai l'impression de griller comme un cochon à la broche...)

Le pont, ouf....

 

CHAPITRE 3 : Cuisson al dente

 

P1010935Le pont ouf, mais si on est vraiment soulagés (y plus qu'à mettre la tête dans le guidon en somme) on est déjà bien rétamés. Cette montée dans la fournaise pour rien, ces efforts à la noix dans la descente pourrie nous ont bien pompés.

La neige colle, on ne demande plus qu'une chose, que le soleil disparaisse tellement il chauffe fort, un comble quand même quand on sait que je n'ai cherché qu'une seule chose jusqu'ici : du soleil !!!

Je sens que Chris a été plus que secoué par le "crac" perçu dans son genou et j'espère que ce n'est pas trop grave. Stef semble griller à petit feu, et en plus il n'a pas pris la pipette aujourd'hui.

La montée est douloureuse sur cette moraine. En plus, on se dit que demain, aie aie aie, ça risque d'être tout crouté, une horreur...

Bon an mal an on finit par y arriver au sommet de cette fichue moraine de biiiiiiiiiiiiiiiiiiip.

Où la pause s'impose.

Où un léger petit vent, comme ça l'air de rien vient apporter de l'air, parce que cette montée, c'était juste suffocant.

"-En plus comme par hasard, dit Chris, je suis habillé tout en noir...

-Attends, je réponds, moi c'est pire, j'ai hésité à prendre le pantalon d'hiver, en prévisoin de demain, mais en plus j'ai fait exprès de prendre un haut noir pour bien capter les rayons du soleil vu que c'était pas vraiment prévu du beau comme ça"

Ca c'est de la préparation de course (tout comme la trace gps dénichée sur le net et qui nous a été d'une utilité remarquable, aheum - bin oui, Stef a le gps sur lui, si si)

 

P1100474A la pause, j'ai tellement chaud que je me couche dans la neige durant 5 bonnes minutes. J'ai l'impression que comme dans les dessins animé, mon corps entier fait "pshiiiiiiiiiiiiiiiiit" quand je m'étale dans cette neige humide à souhait !

 

P1010936Quand on repart, je fais la trace devant. Ca s'est aplanit, et le vent a recouvert la trace bénie de notre prédécesseur.

Le sommet du Pigne se montre, il fait presque grand beau, c'est complètement dingue. Devant mais très loin, au bout du glacier de Pièce, c'est la dz du refuge qui apparait aussi. C'est chouette de la voir, mais faut pas se leurrer, elle est vraiment très loin.
Je suis passée en mode tracteur avec option diesel et ça me va bien.

 

P1100475P1100476Un pas, un autre, encore un, le gauche, puis le droit, le ski glisse, ça c'est une vrai montée en mode "cerveau déconnecté" !

Quand ça se redresse j'attends Stef et Chris, assez mal en point. Il en a pris un coup au moral avec son genou et le mode "roti à la broche" semble lui avoir grillé quelques cartouches. Je ne veux pas d'un but "coulage de bielle" alors on a pas le choix. Chris, maintenant tu restes dans mes skis et t'en bouges plus.

 

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c'est long, le glacier de Pièce...

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P1010937P1100479Le soleil a disparu et le vent souffle plus que fraichement maintenant. Après le test de la cuisson solaire, c'est un refroidissement très rapide qui s'opère. En un rien de temps tout s'est couvert et on remet les vestes et les gants. On a l'impression que le refuge est tout près mais il faut encore une grosse dizaine de conversions avant d'y arriver. Sur la fin, moi aussi, j'en ai ma claque de monter. Ras les couettes !

On arrive sur les marches du refuge avec la neige et le vent qui nous cinglent le visage, c'est vraiment du grand n'importe quoi !

 

CHAPITRE 4 : Une bonne soirée bien au chaud

 

P1100482Quand le poele, sans crépiter, commence à diffuser sa chaleur dans la petite cuisine, c'est plus que du réel bonheur. En ouvrant la porte du refuge une demie heure plus tôt, vers tout de même déjà 18 h 00, et même si nous étions vraiment heureux d'être arrivés en haut, la fatigue nous est tombée dessus et le froid avec. Déjà de se retrouver isolés du vent grâce à  la superbe baie vitrée nous a fait chaud au coeur. Quand on a fait le tour du propriétaire, avec la cuisine si bien équipée, le gaz, le poele, les allume feux, les verres en plastique avec le drapeau suisse dessus, la boite avec les 10 sortes de thés et tisanes bien rangés, les couettes dans le dortoir, ouah, on s'est dit, ça c'est de l'hospitalité !

 

Donc, là, en plus devant le feu qui chauffe la pièce, on n'a plus qu'à trinquer à cette sympathique soirée. Et ça tombe bien car c'est Chris, qui a repris du poil de la bête qui paie l'apéro, avec l'aimable collaboration de sa fille ayant à son insu prêté sa gourde Hello Kitty à son père.... pour y mettre du Limoncello. Ca, ça dégage les papilles !!!

Alors que la table de l'apéro est installée (on a même pensé aux cahouettes !) il semble entendre du bruit dans le couloir... Deux jeunes belgo/suisses viennent d'arriver. On ne peut pas dire que le contact passe pour le mieux (ouais forcément quand on leur a dit qu'on s'était gouré de chemin sur la moraine, ils nous ont un peu pris pour des gigolos). Mais bon demain, a priori ils partent pour la face Nord du Petit Mont Collon.

En attendant, ils commencent par faire l'inventaire du placard histoire de savoir ce qu'ils pourront se mettre sous la dent.... Forcément une montée en deux heures depuis le bas, faut pas avoir le sac trop lourd, et puis ça doit creuser un peu... P1100481

 

De fil en aiguilles l'heure tourne, le feu a carburé pour tout réchauffer, les peaux et les chaussures sèchent et nous, on irait bien se coucher.

 

Dehors, le temps s'est parfois redégagé laissant apparaitre le col de Chermotane, l'Evèque (il semble qu'une grosse coulée soit partie d'un petit point sur le sommet), et parfois un bout de la crète du Pigne d'arolla... En revanche le vent n'a pas l'air de vouloir se calmer.

 

 

CHAPITRE 5 : Une nuit de m*****

 

A cinq dans un dortoir, on se dit c'est bon, tranquille, tout le monde va roupiller comme des marmottes, surtout après les efforts de la journée.

En plus un bon point, il fait plutôt bon dans le dortoir, ni trop froid, ni trop chaud.

Et puis les couettes sont hum, super confortables, un vrai délice.

Et nos deux collègues de dortoir ne se couchent pas trop tard (forcément faut qu'ils se lèvent à 4 h, alors que pur nous c'est 5 h)

Je suis sûre de sombrer rapidement dans les bras de Morphée.

mouais, déjà l'option endormissement rapide ne semblait a pas être comprise pour ce soir.

Puis dans la nuit "tiens y a quelqu'un qui est levé et qui fait du foin dans la cuisine, il est déjà 4 h et les deux sont levés ????" Ou alors peut-être qu'ils se sont pas encore couchés. Mais dans ce cas là, il est tôt, Flûte va falloir se rendormir.

(En fait c'est Stef qui bidouille parce que l'allumage automatique n'arrête pas de se mettre en route, les peaux se balancent sur les étendanges et réveillent le capteur)

 

Dodo

 

PUTAIN PUTAIN SA RACE

 

Ah fini dodo là.

L'un des gus vient de hurler ça dans le dortoir, je vous dis pas le type de réveil brutal que c'est...

Ah, il doit être 4 h bien passées et l'autre est dégouté de pas avoir entendu son réveil. Mais plus aucun bruit ensuite.

Je regarde l'heure, me réveillant, moi pour de bon : il est 2 h 28. Et flûte.

 

Et là impossible de me rendormir. Pffff. Dormir à 3000 m ça me met le coeur qui bouillonne à 100 pulsations minutes, j'ai l'impression de sentir que ça.Et j'iuame beaucoup Lana Del Rey mais j'ia son "blue jeans" en boucle dans la tête...

Reste plus qu'à faire la crèpe dans un sens, chercher le sommeil et faire la crèpe dans l'autre sens.

 

Dodo (ouf, j'y croyais plus)

 

Re-réveil

Ah ça doit être 4 h 00 mais j'ai pas l'impression que les autres bougent beaucoup.

Mince le temps est-il si terrible que ça ?

5 h 00 ça sonne.

 

 

 

CHAPITRE 6 : Sommet, or not sommet ???

 

5 h 00, et oui ça sonne mais ce coup ci, j'aurais bien continué ma nuit.

Je me lève

J'entends en provenance du lit d'à côté (notre cordée "amie")

"il fait pas beau dehors, c'est bouché".

"C'est ça, cause toujours tu m'intéresses" ça je le pense bien fort dans ma tête, à moins que je ne l'ai vraiment dit !

Sauf s'il neige à gros flocons ou que c'est brouillard à perte de vue je mets le branle bas de combat là dedans !

Bon, à vue de nez, sur l'Evèque c'est pas terrible. Mais du côté du Pigne et surtout d'Arolla le ciel est tout dégagé !!! Alors feu, on se lève, il fait pas si mauvais le vent s'est calmé, on tente le Pigne, un point c'est tout.

On prend malgré tout notre temps pour le petit déj.

Chris semble aller mieux avec son genou, c'est un soulagement.

Il faut se mettre dans la tête qu'on va quitter ce petit nid douillet (d'autant plus que le feu est reparti comme en 40 ce matin !) pour aller dans le froid, pour, peut-être se retrouver dans le brouillard ensutie. Pas grave, on a une trace GPS (ah ah ah) et un flair que je sens bien affuté ce matin !!!

 

P1100483P1100484Porte poussée, c'est plus la même ambiance d'un coup. C'est la Haute Montagne qui nous saisit d'un coup. L'Altitude. Avec cette niaque que ça me donne à chaque fois.

Col des Vignettes, puis le plat descendant jusqu'au passage-que-j'aime-pas-qui-descend-au-col-de-chermotane. C'est LA question du jour, je sais que la prise de glacier/pente du Pigne n'est pas toujours commode, j'espère qu'on trouvera le bon passage. Il me semble voir une anciennce trace, recouverte par le vent et la neige. Puis P1100485on voit pas ce qu'il y a derrière. Pour Stef et le GPS, on n'est pas mal, suffit de prendre cette arête et de monter tout droit. La neige est dure, il y a quelques cailloux, on déchausse et on y va à pied. On a pris pied sur la pente du Pigne, ça se couche ensuite et ô miracle, le soleil daigne faire une brève apparition sur notre secteur, le tout dans une ambiance mi magique, mi fantasmagorique.

J'y crois dur comme fer, on va y monter dorénavant au Pigne, et en plus on y verra clair. 

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P1100488Je trace toujours devant, à ma façon, c'est à dire, plutôt vraiment pas raide, je pourrais faire 3 Pigne comme ça !!

Un peu dans le brouillard mais surtout en dehors du brouillard ! Un bout de pente plus raide, puis un grand plat devant moi et quelques belles crevasses au loin. il me semble, que le sommet du Pigne est tout proche ! Et il fait grand beau, j'attends le moment magique où tous les grands sommets du Valais vont émerger, ça va être génial !

Le brouillard joue à cache cache avec nous (c'est le cas de le dire, et on se retrouve à un moment complètement dans la purée de pois, mais j'ai mon petit gps intérieur qui me garde sur la bonne voie, là c'est clair et net, rien ne pourra m'en déloger !

 

Dans les volutes de brume, on entend un hélico. Secours ou dépose héliski ? Il tourne et tourne et je pense qu'on va opter pour une dépose, c'est dingue ça ! Heureusement ça sera la seule de la journée.

Et puis une ombre derrière. Je penche pour nos deux amis du refuge et en fait non, un tout seul qui a dû partir d'Arolla ce matin. Et puis si en fait nos deux compère nous rejoignent et nous doublent avec un "ça va ???" genre vous êtes vraiment pas rapides. Grrr ça m'énerve ça.

Et puis c'est la dernière pente, effectivement c'est l'instant de grâce où le Cervin, la Dent Blanche, le Weisshorn, le Bishorn, la Dent d'Hérens, le Rimpfischhorn, l'Alphubel etc sortent tous des nuages et ne peuvent que retenir notre attention. Oui la haute montagne a cela de fantastique, quand on croit toucher le ciel et les sommets alentours.

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Cervin et Dent d'Hérens                                                                                                Rimpsfischhorn à droite

Dans un dernier effort, ça y est nous sommes au sommet, il est tout juste 9 h du matin et si on n'est pas les plus heureux du monde à cet instant, on n'est pas mal quand même !

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CHAPITRE 7 : Descente inespérée

 

P1100498Les premiers virages ont été très bons, juste au dessus de la mer de nuages. Ce n'est que de très courte durée, on se retrouve rapidement dans la ouate. J'en ai ma claque du brouillard. Je laisse Chris passer devant, j'ai trop mal au coeur à l'aveuglette. Les virages s'enchainent bien, la neige est vraiment bonne, c'est pas possible de gâcher la neige comme ça, ouiiiiiinnnnn. On suit docilement les traces de montée et j'en reviens pas du nombre de personnes qu'on croise qui eux, montent encore... Dommage pour eux je pense que la vue du sommet ne sera plus aussi belle que la nôtre, le nuage ne cessant de remonter. D'ailleurs il est tellement remonté qu'enfin nous voici sous la crasse. Pas des plus agréables de quitter le bleu définitivement mais quel bien de sortir du brouillard. On file alors vite sur le col des Vignettes. P1100499Un dernier coup d'oeil aux séracs du Pigne et on s'engouffre sur le glacier de Pièce pour une super bonne descente. Certes, c'est un peu jour blanc, mais la neige est vraiment bonne (bon, c'est toujours pas de la moquette mais je ne vais pas cracher sur un peu de poudre !). On se rend compte à quel point la montée de la veille était longue parce qu'on n'en finit plus de faire des virages ! Comme au col des Verts je laisse Chris devant moi, la poudre ne vole pas autant mais l'image est belle !!

 

C'est la suite qui risque d'être beaucoup moins agréable. Hum, je me souviens de la croute de la veille, on va sûrement avoir droit à la même à la descente. La pente raide de la moraine risque d'être purement et simplement déguelasse.

Sur la plat, et oui, un peu de croute, mais c'est plat, alors y a qu'à se laisser glisser tout droit c'est pas tant pire.

Je redoute la suite, ouille ouille ouille. On vire rive gauche toute, P1100501ouf ça a pris le soleil et c'est plutôt carrément bon. Encore bon, jusqu'à la pause d'hier où je le suis vautrée dans la neige pour me rafraichir. Encore bon, jusqu'au panneau, le haut de la moraine. Et là, j'ai le coeur un peu battant parce que je commence à y croire à la bonne neige. Et si, oui, et si ça avait tellement chauffé hier que toute la fraiche avait été bien tassée, humidifiée jusqu'à la moelle. Et si, toute cette neige tassée avait bien regelé cette nuit, hein ??? Et oui, c'est exactement ce qui a dû se passer parce que quand je vois Chris s'engager dans la pente de la moraine avec des sccchrhrriirirttt en tenant ferme sur les skis, c'est ça, et même que ça n'a pas encore assez chauffé ce matin ! Moquette à poil très courts, pour le coup ;-)

P1010946C'est très bon presque jusqu'au torrent. Il faut louvoyer entre les pierres, faire attention où on met les spatules mais la bonne surprise est belle et bien là !

Au torrent, il faut maintenant déchausser, c'est sûr on n'ira pas plus loin avec les skis. Wou ! quelle course ! On est bien contents d'être là en bas !

 

 

CHAPITRE 8 : Epilogue

 

Pu****n de m**** de scrogneugngue.

Centième de seconde 1 : je déchausse

Centième de seconde 2 : mon ski se fait la malle droit vers le torrent et la cascade en dessous

Centième de seconde 3 : je cours après comme une tarée, mon deuxième ski encore au pied

Millième de seconde 10 : ouf j'ai mon ski dans les mains

Millième de seconde 10bis : je viens de m'exploser le genou contre un caillou et la tête contre un rocher sur le talus (vive le port du casque, sinon j'aurais pris cher)

Non non non, c'est le genou à la belle balafre, ouille, aie, non non non. J'en ai les larmes qui coulent toutes seules.

Plus de peur que de mal, certes le genou a bien tapé et ça doit être de la bouillie au dessus de la rotule mais rien de grave je pense.

Mais quelle cruche.

 

Tout ça, ça vallait bien une bonne bière pour se remettre de nos émotions une fois à la voiture !!!P1010948

 

 

Donc vous avez compris, pour aller au Pigne d'Arolla, pour bien prendre la moraine, hein, on traverse le torrent, j'ai dit ON TRAVERSE LE TORRENT !! et puis la moraine, le glacier, le col, les pentes tranquillou du Pigne (sans brouillard siouplé) et puis voilà, enfin c'est par quoi !

Publié dans ski de rando

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ta p'tite manman 09/06/2013 18:39

Quelle épopée !

fof74 09/06/2013 22:32



n'est-ce pas !!!